7 mars 2015

L'année Solitaire - Alice Oseman

L'année Solitaire d'Alice Oseman
UK - Solitaire 2014

Edité chez Nathan Jeunesse - sortie le 15 mai 2015

407 pages 

- Mais t'es qui, toi ?
Il se fige devant moi et annonce d'une voix caverneuse :
- Je m'appelle Michael Holden.
Michael Holden. 
- Et toi, qui es-tu, Victoria Spring ? 
Je ne trouve rien à répondre, parce que c'est précisement ce que je répondrais : rien. Je suis du néant. Du vide. Je ne suis rien. 
Soudain, la voix du proviseur retentit et je me tourne vers le haut-parleur. 
Quand le silence revient, je baisse le regard et la salle est vide. J'ouvre mon poing et dans ma main, il y a le Post-it SOLITAIRE.CO.UK. Je ne sais pas à quel moment il est passé de celle de Michael Holden à la mienne, mais c'est un fait. 
Ça doit être là que tout a commencé. 

« Le plus honnête et authentique des récits d'adolescence de l'année... Une fiction contemporaine remarquable qui séduira les fans de John Green. » The Bookseller


On cite Hunger Games pour n'importe quelle dystopie adolescente, Twilight pour n'importe quelle histoire d'amour... ou John Green pour tous les livres qui traitent de près ou de loin aux adolescents ! Non, non, non et encore non. L'année Solitaire n'a rien à voir avec un Qui es-tu Alaska ? ou un PaperTowns. Rien. Ce point étant éclairci, nous pouvons passer à l'histoire.

Victoria – Tori pour les intimes - est en première et est le stéréotype de l'ado en rébellion. Elle évite ses parents, ses seuls confidents sont son frère et son blog, elle critique tout ce qui bouge, même elle, et est d'un cynisme... Sa tendance à l'exagération devient vite usante. Point positif ; n'importe quelle fille en conflit permanent avec le monde pourra s'identifier à elle ! Point négatif ; si vous n'adhérez pas à l'état d'esprit de Tori, elle vous donnera rapidement l'envie de lui en coller une. Sa relation avec son frère est toutefois touchante et on voit enfin un être humain sous toute cette carapace de mépris !
Les autres personnages qui gravitent autour d'elle sont plutôt intéressants, bien qu'autant clichés. On a Michael l’excentrique, Lucas le timide effacé, Becky la chef de groupe, Charlie le petit frère perturbé (oh tiens, un Charlie perturbé ? Mais on en connaît un autre ! Allez donc lire Le Monde de Charlie pour une excellente et poignante histoire d'adolescence !), son petit ami Nick... On découvre tout au long du roman leur passé ainsi que leur évolution (malheureusement souvent prévisible).

Alice Oseman et son roman en version originale
Dans le lycée de Tori sévit Solitaire, une organisation qui monte des canulars au nez et à la barbe de tous. Même si j'ai eu l'impression que ce mystère passait parfois au second plan et que l'identité de ses créateurs était tout sauf un mystère, on peut y voir un symbole fort. En effet, allons plus loin : Solitaire ridiculise l'autorité et tue par ce fait, l'oppression de l'école. Les ados oublient leur stress, les questions d'avenir pour vivre chaque canular dans l'instant présent. Solitaire, c'est un peu le fantasme de liberté des ados. De ce point de vue-ci, le livre prend une nouvelle tournure plus intéressante.

Alice Oseman a écrit ce roman à 18 ans. On sent qu'elle a mis beaucoup d'elle entre ces pages. Mais il s'agit d'une auteure britannique qui parle du système scolaire britannique, bien différent du nôtre. Cela crée un décalage conséquent ; les lycéens britanniques n'ont pas les mêmes préoccupations que les français ! Un autre reproche est à faire. Les références à la pop-culture, en petite quantité, c'est sympa. Mais là, il y en a presque toutes les deux pages ! C'est trop !

Selon moi, même si L'année Solitaire met en scène des lycéens, il s'adresse plutôt à un public plus jeune. Il serait plus judicieux de le faire lire à des collégiennes qui rêvent de leur rentrée au lycée. Elles pourront sans peine s'identifier à Tori, comme je le soulignais plus tôt, et à ses soucis. Pour les plus âgés, j'ai d'autres livres à vous conseiller :


- Un roman extrêmement riche qui critique énormément de sujets, notamment les phénomènes de groupe : Revanche de Cat Clarke
- Un roman qui dénonce la mesquinerie dont les lycéens peuvent faire preuve entre eux : La Liste de Siobhan Vivian
Des romans qui traitent avec extrêmement de justesse et sans clichés les aléas de l'adolescence : tous les livres de John Green
- Une série de livres : Les Filles en Chocolat de Cathy Cassidy, apparemment très bien pour les collégiennes, traitant avec douceur et justesse les problèmes qui surviennent à cet âge
- Un roman que tous les adolescents devraient lire (et vous savez que je l'adore) : Le Monde de Charlie de Stephen Chbowsky 

Merci Lire en Live pour l'envoi en avant-première !
Site d'Alice Oseman, très complet avec des nouvelles sur les personnages de L'année solitaire, des playlists, de l'actualité...
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12 commentaires:

  1. Ça va tu l'as pas trop détruit ... Ton article fini sur un léger point positif xD

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    1. Si on cite Le Monde de Charlie, tout va mieux !

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  2. Hooo... Une très belle chronique qui me donne envie de me plonger dans ce roman ;)
    C'est vrai que ça devient pénible de toujours mettre en référence un livre connu lorsqu'un livre est publié =/

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    1. Il est sympa mais vraiment rempli de clichés, c'est dommage. L'idée de l'organisation qui se joue des profs était pourtant une belle piste !
      Ha mais les références aux bouquins qui ont eu du succès avant ça me met hors de moi x) Comme si un livre ne pouvait pas avoir sa propre identité, toujours besoin d'être comparé !

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    1. De bonnes idées mais trop éparpillées...

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  4. Malgré tes bémols, (moi j'ai eu le coup de coeur !) je trouve ton article très constructif avec de bons arguments. Bravo!

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  5. On reproche pas mal de choses à ce livre, donc du coup je ne sais pas trop... En tout cas, ta chronique est très intéressante et bien construite. il est vrai que des fois, on veut dire tellement de choses qu'on ça en devient trop lourd et inutile. Dommage qu'il n'ai pas gardé la couverture VO qui est plus belle que celle VF à mon gout...

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    1. C'est vrai que la VO est chouette, mais en même temps, je trouve que la VF capte tout aussi bien le regard en librairie !

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  6. Ce livre me fait pas du tout envie, même si la couverture est très belle!

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